A l'enfant abusé
Qu'avez-vous donc à dire ?
Croyez-vous que vos larmes
vos cris
et vos soupirs
Lui rendront la douceur
l'espoir
et le sourire
Que vous avez tués ?
Et que croyez-vous faire
En souillant de vos haines
vos peurs
et vos crachats
Son âme démontée
sa chair
et ses désirs ?
C'en est déjà assez
De l'avoir condamné
A vivre sans plaisir,
De lui avoir ôté
Infâmes jusqu'au sang
La noblesse du coeur
Et l'amour de la vie.
Ne pouvez-vous donc voir
Que c'est pour vous qu'il crie
Et non plus contre vous ?
Ne saurez-vous jamais
Furieuses Harpies
De vos propres sanies
Reconnaître l'aigreur ?
Ne verrez-vous jamais
Par l'horreur aveuglées
Que ce n'est que la peur
Que vous perpétuez ?
Infâmes criminelles,
C'est à vous que j'écris !
C'est dans vos yeux crevés
Que je cherche la vie !
Vous me l'avez volée
Ignominieuses pies
A la place de celle
Que l'on vous avait prise.
TLP