J'ai passé, bonheur léger,
infime et particulier,
J'ai passé toute une nuit
Auprès de ma belle
endormie.
De ton souffle, mon amie,
Ta chaleur inapaisée,
De ton corps et de tes rêves
Tu m'as laissé m'enivrer.
O la lune émerveillée
pâles rayons égarés
Sur sa peau abandonnés !
Auprès de ma belle
endormie
J'ai passé toute une nuit.
L'orbe parfait de ton sein
La finesse de tes mains
Les mouvements intimes
Que ton âme y dessine
Jusqu'aux larmes
M'ont ému
J'ai voulu, le croiras-tu ?
J'ai voulu te réveiller.
Ces trésors abandonnés
dans notre temple exposés
Je voulais, le croirais-tu ?
Je voulais les profaner !
O la lune émerveillée
pâles rayons effarés !
Auprès de ma belle
endormie
J'ai veillé toute la nuit.
Tu ne connaîtras jamais,
Mon amie, mon endormie,
Le désir et la douceur
Et l'offrande de ton coeur
Tu ne connaîtras jamais,
Mon aimée, belle adorée,
Le plaisir et la douleur
Que tu fais naître en mon coeur.
Toute la nuit j'ai contemplé
Le corps de ma belle
endormie.
O la lune émerveillée
au matin nous as laissés.
Et enfin, mon endormie,
dans ta chaleur apaisée,
Mon endormie, j'ai rapproché
Nos deux âmes esseulées.
TLP