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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 00:31

ACTES IMPURS, suivi de AMADO MIO, par Pier Paolo Pasolini
Folio, Gallimard, 2003

Prose limpide pour sujet vénéneux
Pasolini, le cinéaste, a d'abord été enseignant et poète. Avant de mourir, comme tout le monde ; assassiné. Non que tout le monde soit assassiné, encore que : la vie nous assassine tous un jour, la charogne...

Toujours est-il que s'il a paraît-il écrit des bouquins pas faciles d'accès il en est un que j'ai pioché au rayon des Italiens et qui est écrit dans une langue très fluide (en traduction, bien sûr : mais rien ne vous empêche de le lire en italien).

Actes Impurs. Un titre qui dit tout : on imagine ce qu'il peut bien contenir, surtout en voyant la couverture. J'ai même hésité à en parler ici ; mais c'est de la littérature, non ? D'ailleurs le livre, dont la première partie est autobiographique, contient de belles descriptions de paysages italiens, des récits de bombardements (pendant la guerre de 39-45), des évocations de promenades printanières, bref de très belles choses.

Le côté vénéneux évidemment est la narration des amours du narrateur avec de jeunes garçons. Evocation de débuts "éducatifs" qui valurent à l'auteur d'être radié de l'enseignement et chassé de sa région. N'attendez pas de descriptions scabreuses ; le charme, justement, est que Pasolini confie les doutes, les désirs, les interrogations... et l'absence de remords de son narrateur (car après tout ce n'est peut-être pas Pasolini qui dit "je", sait-on jamais ?). Tout cela dans un écrin de verdure, de couchers de soleil, de culpabilité plus ou moins feinte et de pressions ouvertement illicites. Car cela aussi est dans le livre : le narrateur est conscient de forcer l'amour de ces jeunes garçons dont il emplit son esprit ; il admet cette conscience, raconte même la façon dont il s'y prend, et pourtant réussit à transmettre aussi le charme d'une Italie d'hier et d'une époque riche de souvenirs, en dépit du caractère scandaleux de son récit.

Actes impurs est publié avec Amado Mio, "roman inachevé" mais présenté comme une pièce achevée, seule sa première partie ayant été retravaillée par Pasolini.

Amado Mio n'a pas la facture "autobiographique" d' Actes impurs, qui est un travail sur le journal intime de Pasolini lui-même (dans lequel toutefois le "je" qui s'exprime n'est plus Pasolini mais un "je" fictif), mais il en retrouve le thème scandaleux. Pasolini s'en explique dans une préface. Il explique que sa "fidélité à [sa] décadence" était nécessaire, un principe d'honnêteté ; on prendra donc Amado Mio comme un roman-témoignage, qui ne propose jamais de jugement, laissant au lecteur la libre appréciation de l'histoire. Quelle est l'histoire, d'ailleurs ? Un garçon probablement d'une vingtaine d'années, très attiré par les jeunes garçons, tombe amoureux de l'un d'eux, dont j'ai oublié l'âge (il n'est guère rappelé dans le roman, peut-être quinze ans). Le roman conte la rencontre, le trouble amoureux, les premiers émois charnels, la brouille... et, qui sait ? peut-être une réconciliation, peut-être une fin tragique, je vous laisse découvrir.   TLP

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Published by Bloggieman - dans MONDE littératures
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